Réglementation
Depuis la loi Le Meur, une copropriété peut interdire la location Airbnb des résidences secondaires à la majorité des deux tiers. Conditions, décision du Conseil constitutionnel et situation à Paris.
Article publié en octobre 2026.
Depuis la loi Le Meur, une copropriété peut interdire la location de courte durée dans les résidences secondaires à la majorité des deux tiers des voix, et non plus à l’unanimité. Le Conseil constitutionnel a validé ce dispositif le 19 mars 2026. Mais toutes les copropriétés ne peuvent pas l’utiliser, et beaucoup de propriétaires parisiens ne sont tout simplement pas concernés. Voici comment savoir où vous en êtes.
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, vise à mieux réguler les meublés de tourisme. Elle a notamment modifié l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, qui fixe les règles de vote en copropriété.
Avant 2024, il suffisait donc qu’un propriétaire qui loue en courte durée vote contre pour que rien ne change. Aujourd’hui, si une large majorité de l’immeuble le souhaite, l’interdiction peut passer.
Le vote aux deux tiers n’est pas ouvert à toutes les copropriétés. Il faut que trois conditions soient réunies en même temps.
Si une seule de ces conditions manque, le dispositif ne s’applique pas à votre logement.
Le dispositif est désormais définitivement validé. Une société civile immobilière l’avait contesté, estimant qu’il portait une atteinte excessive au droit de propriété. Par sa décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026, le Conseil constitutionnel l’a jugé conforme à la Constitution.
Pour les juges, l’objectif est légitime : limiter les nuisances et préserver le logement de longue durée. Et l’atteinte reste mesurée, grâce aux garde-fous vus plus haut : résidences secondaires uniquement, clause d’habitation préexistante, majorité renforcée et décision réversible.
Concrètement, une copropriété qui remplit les conditions peut voter l’interdiction sans craindre qu’elle soit annulée pour inconstitutionnalité. En revanche, chaque règlement de copropriété reste à examiner au cas par cas : la rédaction exacte de la clause d’habitation peut être discutée devant le juge.
À Paris, la plupart des propriétaires qui louent sur Airbnb ne sont pas concernés par ce vote. Tout dépend du statut du logement et de la formule de location.
Autrement dit, le risque concerne surtout les résidences secondaires louées à la nuitée dans des immeubles résidentiels. Pour ces biens, le bail mobilité est souvent une alternative sûre et régulière : il n’est concerné ni par le plafond de nuitées, ni par ce vote de copropriété.
Un bien sans contrainte hier peut aujourd’hui être exposé à un vote d’interdiction. Avant de signer un achat ou de lancer une location courte durée, demandez ces documents au vendeur ou au syndic :
En cas de doute sur la rédaction d’une clause, l’avis d’un avocat en droit de la copropriété ou de votre notaire reste la meilleure sécurité.
Un vote d’interdiction naît presque toujours d’une gêne répétée : bruit, valises dans l’escalier, voyageurs qui ne trouvent pas le logement, poubelles mal sorties. La meilleure protection est donc que vos voisins ne remarquent pas que votre appartement est loué.
Oui, mais seulement si trois conditions sont réunies : une clause d’habitation exclusive dans le règlement, un logement qui n’est pas votre résidence principale, et une location en meublé de tourisme. Le vote doit alors réunir la majorité des membres représentant au moins deux tiers des voix.
Non. Le dispositif ne concerne que les logements qui ne sont pas la résidence principale de leur propriétaire. À Paris, votre résidence principale reste soumise à la limite de 90 nuits par an.
Non. Le bail mobilité est un bail d’habitation de 1 à 10 mois, pas un meublé de tourisme : il n’entre pas dans le champ de ce vote.
Non. La copropriété peut la lever plus tard, à la même majorité des deux tiers.
Pas sur le terrain de la Constitution : le Conseil constitutionnel l’a validé le 19 mars 2026. Un litige reste possible sur la rédaction d’un règlement de copropriété en particulier.
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Sources : décision n° 2025-1186 QPC du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026 ; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 ; analyses d’Actu-Juridique, du Journal de l’Agence et de cabinets d’avocats spécialisés.